Qu’est-ce que le bionettoyage ?

Date de publication : 14 avril 2022
Catégories : Découvrir mobiServ

Expression courante dans le milieu de la  santé et particulièrement des hôpitaux, le bionettoyage s’est étendu à d’autres secteurs d’activité depuis la pandémie de COVID-19. Mais qu’est-ce que le bionettoyage ? Quelles sont ses particularités ? Comment est-il pratiqué ?

Qu’est ce que le bionettoyage ? Définition

Le bionettoyage (ou bio-nettoyage)  désigne les opérations de propreté visant à assainir un environnement, c’est-à-dire à réduire ou éliminer les micro-organismes présents dans le milieu pour limiter le risque de contamination ou le risque d’infection par des maladies nosocomiales, entre autres. Le bionettoyage concerne aussi la création d’environnements stériles.

Pour ce faire, le bionettoyage suit une procédure stricte généralement en 3 étapes : le nettoyage, le rinçage, puis la désinfection. Le protocole du nettoyage ne laisse pas de place à l’improvisation, les règles et les normes sont très strictes :

  • le nettoyage élimine les micro-organismes et les salissures des surfaces à l’aide d’un détergent contenant des tensio-actifs qui favorisent l’élimination des souillures non-solubles dans l’eau claire et pure ;
  • le rinçage élimine les micro-organismes et les salissures des surfaces que le nettoyage a mis en suspension, ainsi que le détergent ;
  • la désinfection élimine les micro-organismes présents ou rend inactifs les virus par pulvérisation ou contact avec un détergent composé d’agents biocides.

Dans le cas où le détergent est aussi un désinfectant (produit dD) le nettoyage et la désinfection sont réalisés en même temps.

Il faut relever que ces produits très puissants pour le nettoyage et la désinfection sont souvent nocifs, toxiques, corrosifs ou inflammables. Ils sont donc à manipuler et utiliser avec précaution. Le port d’un équipement de protection est souvent préconisé, voire obligatoire.

Au sein de ce protocole en 3 étapes, il existe différentes règles et normes à respecter comme celles concernant l’hygiène (lavage des mains, tenue professionnelle et port de gants, matériel à utiliser et conditions de nettoyage du matériel, etc.), la formation et l’information des professionnels, la posture et l’ergonomie du matériel, etc.

Où fait-on du bionettoyage ?

Généralement, les opérations de bionettoyage sont pratiquées sur des lieux professionnels dits sensibles où le contrôle de la présence de micro-organismes est une obligation pour la sécurité et la santé des personnes qui y travaillent ou qui les fréquentent. On répertorie parmi d’autres, les hôpitaux, les cliniques, les cabinets médicaux, les EHPAD, les maisons de retraite, les maisons de convalescence, les laboratoires de recherche, les pharmacies, etc.

On recense aussi des environnements sensibles concernés par le bionettoyage dans l’agro-alimentaire où toute la chaîne allant de la production jusqu’au conditionnement nécessite aussi un environnement exempt de micro-organismes, comme aussi dans l’industrie du matériel et des fournitures du secteur de la santé, la blanchisserie, etc.

Au sein de chacun de ses environnements, les zones à nettoyer sont classées selon une échelle de 1 à 4 : 1 concernant les pièces à faible risque infectieux et 4 celles à haut risques infectieux. Le protocole du bionettoyage exige qu’il soit commencé par les zones 1 pour finir par les zones 4 puisque celles-ci représentent un risque de contamination élevée.

Qu'est-ce que le bionettoyage ? D2finition et explications

 

Quelles sont les techniques de bionettoyage ?

On recense 2 techniques majeures : le bionettoyage séparé et le bionettoyage combiné. Nous les avons déjà évoquées plus haut dans cet article et nous revenons dessus pour vous apporter quelques précisions.

Les protocoles de ce type de nettoyage sont établis par le responsable en hygiène de l’établissement.

Le bionettoyage séparé

C’est le bionettoyage en 3  étapes : nettoyage/rinçage/désinfection. Il est utilisé dans les zones à risque de contamination et à haut risques infectieux (zone 3 et 4). Le protocole est très strict.

Le bionettoyage combiné

Ce bionettoyage se déroule en 2 étapes : nettoyage et désinfection/rinçage. Cette méthode est réservée aux zones moins sensibles (zones 1 et 2). Elle est moins stricte et plus rapide puisque le nettoyage et la désinfection ont lieu dans la même étape.

Pourquoi faire du bionettoyage ?

Pour le secteur de la santé, les patients sont en état de fragilité et leur système de défense est affaibli, voire immunodépressif. Il est donc essentiel de ne pas les exposer à des facteurs bactériologiques ou viraux en les accueillant et en les soignant dans un milieu sain. Pour certains d’entre eux, c’est même vital (prématurés, nourrissons, grands brulés, etc.).

On relèvera aussi que pour éviter des complications, les blocs opératoires doivent être des environnements sains où le matériel utilisé est stérilisé. C’est pourquoi le bionettoyage et le respect des règles et normes de son protocole sont essentiels dans ces milieux.

Par ailleurs, les professionnels œuvrant autour des patients doivent aussi être protégés afin qu’ils ne soient pas contaminés ou qu’ils soient vecteurs de contamination. Ainsi, outre les préconisations liés à leur mission, le bionettoyage vient renforcer la limitation de ces  risques.

Dans le milieu de l’agroalimentaire, le bionettoyage assure l’hygiène sur les chaînes de production et de conditionnement comme aux postes de travail. Les scandales récents concernant le rappel de produits (pizzas de Buitoni, les œufs Kinder ou encore les fromages de chez Lactalis) pour risque d’intoxication illustrent bien l’importance de l’hygiène et celle du bionettoyage dans ce secteur.

  • Pizza Buitoni : contamination par les bactéries Escherichia coli (productrices de Shiga toxines) ayant coûté la vie à deux enfants – 50 infections confirmées en France : 48 enfants, âgés de 1 à 17 ans, et 2 adultes. Parmi les enfants infectés, ils sont 90 % à avoir contracté un syndrome hémolytique et urémique (SHU), et 10 % ont présenté une gastro-entérite à STEC (Escherichia coli producteurs de Shiga toxine). L’usine de production a été temporairement fermée sur ordre du Préfet à la suite du constat concernant l’hygiène dans cette unité de production.
  • Œufs Kinder : contamination par la salmonellose. 21 cas ont été identifiés sur la France : des enfants de 4 ans en moyenne.
  • Fromages Lactalis contamination par la bactérie responsable de la listériose de 24 000 fromages au lait cru

Rappelons au passage que la listériose (provoquée par la bactérie Listeria Monocytogenes) est la seconde cause de mortalité par intoxication alimentaire (En 2017, 371 cas de listériose ont été déclarés en France, dont 359 en métropole. Le nombre de décès a atteint 64 dont six formes materno-néonatales).

Le bionettoyage dans le secteur agro-alimentaire participe donc autant à l’élimination des salissures qu’à la limitation des risques de contamination et d’infection tant chimique que microbiologique.